Le château

de Roisin

La forteresse primitive, ceinte de douves, remonte à tout le moins au XIIIe siècle. Elle est l‘oeuvre des belliqueux Baudry.

Vers 1600, l'ensemble paraît avoir été remaniée en profondeur; il en subsiste, avec diverses dépendances (XVIIIe siècle), le remarquable donjon-porte ou châtelet d'entrée, lourde construction carrée flanquée de tourelles et portant les armes des Tramerie, héritiers par les femmes en 1607. Très bien restaurés, ces bâtiments constituent aujourd'hui la structure de l'établissement, qui en tire son nom, " Les Tourelles ".

Quant au corps du logis " moderne ", là où vivaient les maîtres des lieux, dont l'édification " nouvelle " datait elle-aussi du XVIIIe siècle, un incendie le détruira en 1785 ; il fut de suite reconstruit dans le goût du temps et restauré par l'architecte P. Saintenoy en 1907.

Il se présentait ainsi, vers 1960 (devenu en 1893 propriété des Bivort de la Saudée) sous la forme d'une grosse bâtisse en U, de style néo-classique.

Vendu ensuite par la famille, il finit par être démantelé. Mais les remarquables tourelles sont toujours présentes et demeurent le témoignage d'un passé glorieux.

Achetées par Philippe Maire, un amoureux du terroir et du patrimoine les dépendances y attenantes furent adaptées aux plaisirs de la table au terme de 4 ans de travaux (de 1973 à 1977). Depuis lors, ce qui étaient, au 17e siècle, les écuries, l'étables, les greniers, le château d'eau et le fumoir sont devenus bar, restaurant, terrasse, salle pour banquets et séminaires.

Les Baudry

de Roisin


L'histoire du château de Roisin est indissociable de celle des Baudry, dits de Roisin, dont le lignage sortant des brumes de la légende de St Ghislain (celle du " baudrier " salvateur pour les femmes en couches difficiles) apparaît avec certitude à la fin du Xe siècle avec Baudry 1er du nom.

Les Baudry constituent indéniablement une famille d'alleutiers, autrement dit de propriétaires authentiques de la localité, dont l'existence elle-même est attestée dès le VIIe siècle (l'époque où vécut le saint). Leur seigneurie était l'une des 22 terres à bannières du Hainaut et son possesseur avait une position égale à celle des Ligne ou des Trazegnies.

Les alliances des Baudry furent souvent brillantes et de chevaliers-banneret, ils apparaissent titrés baron avec Everard (mort en 1412) un des rares à ne pas porter le fameux prénom. Plusieurs d'entre eux furent par ailleurs balli du Comté de Hainaut, aux XIVe et XVe siècles.

Leurs armes (dont les couleurs sont devenues en écu les armoiries de l'actuelle commune de Honnelles, née de la fusion en 1977) sont avérées dès lors " bandés de gueules et d'argent de six pièces ", timbrées d'un heaume d'argent, grillé et couronné d'or, cîmé de deux lions au naturel, assis et adossés avec pour supports : deux dragons de sinople, crêtés de gueules, mantelés aux armes de l'écu. Au XVIe siècle, le heaume d'argent est remplacé par un bonnet de baron à l'antique et les singes se substituent aux lions et dragons.

La branche aînée des Roisins finit avec Jean II en 1607 mais deux branches cadettes poursuivent leur lignée : celle des Rongy (dans le Tournaisis) et celle du Parcq (devenus marquis en 1686 et éteints au XVIIIe siècle).

Les barons de Rongy s'éteingnirent à leur tour en 1912, en la personne de Ghislaine de Roisin, sur franciscaine à Nonnenwerth en Allemagne, sous le nom de sur Marguerite ; avec elle disparut une famille illustre dans l'histoire du Hainaut.

L'histoire des tourelles

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